Aug 02, 2024
Chaimaa C.
7minutes de lecture
Dans un contexte en constante évolution, marqué notamment par des avancées technologiques rapides, l’intelligence artificielle (IA) et les solutions no-code émergent comme des outils clés qui redéfinissent les modes de travail, la gestion des projets et les compétences requises dans les entreprises.
Afin de mieux comprendre comment ces innovations transforment le monde du travail, Hostinger et l’agence spécialisée en data FLASHS ont mené une vaste étude auprès de plus de 1 000 dirigeants d’entreprises et managers de TPE, de PME, d’entreprises intermédiaires et de grandes entreprises.
Particulièrement complète, cette enquête passe au crible leur niveau d’expertise, leurs pratiques, les avantages et inconvénients qu’ils identifient à l’utilisation de ces technologies, l’impact sur l’emploi ou encore les solutions qu’ils privilégient en matière de ressources humaines pour accompagner leur essor au sein de leurs organisations.

Parmi les plus de 1 000 dirigeants d’entreprises et managers interrogés, 15% déclarent n’avoir aucune expertise en intelligence artificielle, 28% se considèrent comme débutants, 30% affichent un niveau intermédiaire, 19% un niveau avancé et 8% s’estiment experts en la matière.
Le très bon niveau (avancé et expert) en IA est avant tout l’apanage des plus jeunes puisque 40% des 18-24 ans et 36% des 25-34 ans le revendiquent. En revanche, seuls 22% des 45-54 ans et 12% des 55-64 ans se disent dans ce cas. Les femmes sont sensiblement moins nombreuses que les hommes (22% contre 34%) à se situer aux niveaux avancé et expert.
Dans le domaine du no code, 24% des répondants n’ont aucune expertise, 21% sont débutants, 30% ont un niveau intermédiaire, 16% un niveau avancé et 9% sont experts.
Comme pour la maitrise de l’IA, d’importantes différences se font jour entre les genres, puisqu’un tiers des hommes (33%) pensent disposer d’un très bon niveau en no-code contre une femme sur six (17%). Si les plus jeunes sont également les plus nombreux à être avancés ou experts (30% des 18-24 ans et 30% des 25-34 ans le disent), les écarts sont moins forts que pour l’IA, près d’un senior de plus de 55 ans sur cinq (19%) se situant aussi à cet échelon.

Seuls 17% des répondants n’ont à ce jour jamais utilisé d’outils d’intelligence artificielle générative tels que ChatGPT, Claude ou encore Copilot dans le cadre professionnel. 45% s’en servent occasionnellement (quelques fois par an ou par mois), mais 38% y ont recours régulièrement chaque semaine, voire tous les jours ou presque.
C’est dans la tranche d’âge 18-24 ans que l’on trouve le plus grand nombre d’utilisateurs de ces outils IA (97%), soit 24 points de plus que chez les 55-64 ans (73%). Si l’on considère la taille des entreprises, l’usage le plus fréquent a lieu dans les petites et moyennes entreprises et les entreprises intermédiaires (90%) puis les grandes entreprises (84%), loin devant les très petites entreprises (69%).
L’utilisation de solutions no-code comme Notion, Zapier ou Bubble est pour sa part légèrement moins répandue : 71% des répondants sont dans ce cas, dont un quart (25%) se disent utilisateurs réguliers ou fréquents.
Le gap générationnel est en l’espèce plus important qu’avec l’IA dans la mesure où 90% des 18-24 ans ont déjà eu recours à ce type d’outils no-code contre à peine plus de la moitié (57%) des 55-64 ans. C’est dans les entreprises de taille intermédiaire (83%) et dans les PME (80%) que l’on a le plus recours au no-code puis dans les grandes entreprises (71%) et enfin dans les TPE (47%).

Plus de la moitié des personnes interrogées (53%) disent s’être formées à l’utilisation de l’intelligence artificielle, les hommes étant plus nombreux que les femmes (57% contre 49%). Parmi celles et ceux qui ont répondu affirmativement, 56% ont bénéficié d’une formation certifiée et près de 8 sur 10 (79%) ont surfé sur les blogs et regardé les tutoriels en ligne. Par ailleurs, 88% des répondants affichant un niveau avancé et 92% de ceux qui se considèrent comme experts en intelligence artificielle générative se sont formés aux outils.
Les dirigeants d’entreprises et managers sont moins nombreux à s’être formés au no-code. 42% (48% chez les hommes et 37% chez les femmes) sont dans ce cas. Parmi ces derniers, les deux tiers (66%) ont suivi une formation certifiée et 73% se sont formés par leurs propres moyens via Internet.

S’ils ne les utilisent pas obligatoirement, une majorité des répondants connaissent les outils ou plateformes dédiés au no-code.

61% des dirigeants et managers interrogés dans cette étude indiquent que leur entreprise utilise aujourd’hui l’intelligence artificielle, avec de nettes disparités en fonction de la taille de leur organisation. En effet, seuls 35% des très petites entreprises y ont recours contre les trois quarts des entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises (76% et 75%) et les deux tiers (67%) des PME.
Parmi celles qui en font usage :

Pour les trois quarts (74%) des entreprises concernées, l’usage de l’intelligence artificielle a entraîné des conséquences sur l’emploi. Pour 9% d’entre elles (et 24% dans les TPE), il a donné lieu à des suppressions sèches de postes. Dans 37% des cas, la suppression de postes a été accompagnée par la création de nouveaux emplois, dans 27% des organisations, l’IA a généré de nouveaux postes sans en supprimer par ailleurs tandis que pour 26% d’entre elles, elle n’a eu aucun impact sur les effectifs.
Invités à lister les avantages de l’utilisation de l’intelligence artificielle dans leurs entreprises, les répondants ont mis en avant :
En ce qui concerne les inconvénients identifiés à l’usage de l’IA, il s’agit principalement :

43% des personnes interrogées indiquent avoir déjà remplacé des tâches ou projets confiés auparavant à des développeurs par des solutions no-code, stratégie adoptée dans de nombreux cas par 11% des répondants. S’ils ne l’ont pas encore fait, il est à noter que 28% l’envisagent dans l’avenir contre 22% pour lesquels cette substitution n’est pas d’actualité.
À la lecture des choix opérés entre développeurs traditionnels, no-code et mixte des deux pour mener différents types de projets, il apparait que le recours aux développeurs reste aujourd’hui la solution la plus couramment retenue. Néanmoins, la possibilité de combiner les compétences des développeurs et l’usage du no-code séduit de nombreux répondants.
C’est par exemple le cas pour la création de sites web ou de portails : 44% privilégient les développeurs, 35% la solution mixte et 20% l’utilisation du no code dont la création de sites avec IA. Ces proportions sont très similaires qu’il s’agisse de développer des applications mobiles (43%, 37% et 21%), de travailler sur des solutions Saas (41%, 38% et 21%), de créer des applications internes à l’entreprise (48%, 32% et 19%) ou encore des applications de gestion de la relation client (45%, 37% et 18%).

Comme pour l’usage de l’intelligence artificielle, les dirigeants et managers consultés dans cette enquête ont classé les avantages et inconvénients à l’utilisation du no-code dans leurs activités.
Parmi les principaux avantages :
Quant aux inconvénients :

Afin de répondre à l’essor de l’IA et du no-code, le recrutement de jeunes familiarisés avec ces technologies apparait comme une bonne solution pour les trois quarts (75%) des répondants. 5% seulement sont en désaccord avec cette perspective vis-à-vis de laquelle 20% ne se prononcent pas. Dans des proportions quasi identiques, les dirigeants et managers acquiescent à l’idée d’organiser des formations et des ateliers en présentiel, tandis que 65% pensent que l’autoformation via des tutoriels est une voie à retenir.

La notion de mentorat inversé, qui consiste pour de jeunes salariés déjà aguerris à ces pratiques à faire monter en compétence leurs aînés, séduit également une large majorité des personnes interrogées. 74% sont en effet en accord avec cette idée contre 6% qui la rejettent et 20% qui ne se prononcent pas.
Si le mentorat inversé recèle de nombreux avantages aux yeux des personnes interrogées – 76% estiment qu’il aide les générations à mieux communiquer et se comprendre et 71% qu’il contribue à bâtir une culture intergénérationnelle solide – près de la moitié (48%) d’entre elles y voient toutefois le risque d’une remise en cause des collaborateurs plus âgés. Une perception globalement partagée par toutes les tranches d’âges, plus redoutée par les 25-34 ans (54% le disent) que par les seniors (42% chez les 55-64 ans).
Enquête menée par Selvitys pour Hostinger.fr et FLASHS par questionnaire autoadministré auprès de 1 005 dirigeants et managers d’entreprises françaises de 1 à plus de 5 000 salariés.
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